ÉCONOMIE SOCIALE

Première conférence - 24 juillet 1922..............................................11
Formation de l'économie sociale lors d'une vie économique déjà complexe. Trois périodes. Angleterre 1er tiers du XIXè siècle: pratique instinctive des rapports commerciaux. Allemagne 2è tiers: formation consciente de l'ère industrielle; 3è tiers : époque de l'économie étatique. Opposition de l'Angleterre et de l'Allemagne. Tripartition comme solution. Méthode de l'économie sociale: concepts pondérables et impondérables. Vie économique entre nature et capital. Conceptions vivantes: nécessité de l'économie sociale. Intervention des limitations de l'État dans la vie économique. Terre organisme économique, organisme social.

Deuxième conférence - 25 juillet 1922.............................................29
Impossibilité de concepts précis sur la formation des prix d'achat et de vente. Trois facteurs de la production : nature, travail, capital. Travail vu économiquement : nature modifiée par le travail, valorisation I. Travail modifié par l'esprit, valorisation Il. Constante derrière la fluctuation des prix. Polarité : nature et capital.

Troisième conférence - 26 juillet 1922.............................................46
Science économique, une science théorique et pratique. Insertion du travail dans la vie sociale. Émancipation du droit et du travail. Aspiration à la démocratie, à la division du travail. La division du travail à l'effet anti-égoïste et réducteur sur les prix. Exemple du tailleur (1). Altruisme objectif dans la division du travail. Comment tirer hors du processus économique le travail en tant que gain. Le salarié en tant qu'autarciste. Tendance au renchérissement du travail tiré de la nature, tendance à la réduction des prix par les travailleurs se servant du capital. Prix moyen par les intermédiaires. Le capitaliste négociant.

Quatrième conférence - 27 juillet 1922 ...........................................63

Exemple du tailleur (2). Naissance du capital par la division du travail. Exemple de la voiture. Capital 1er niveau, par émancipation de la nature; 2è niveau, par émancipation du travail. Argent de l'économie et argent du capital. Argent en tant qu'esprit devenu réalité. Prêt, deuxième étape du processus. Fraction, nature et division du travail, marchandise et valeur. Nature transformée par le travail guidé par l'esprit. Méthode d'économie sociale: vision intérieure du processus.

Cinquième conférence - 28 juillet 1922............................................84
Processus économique : valorisation, dévalorisation, tension due à la consommation. Crédit personnel, gages, facteurs de baisse ou de renchérissement. Investissement du capital dans les biens-fonds, apparition de plus-value fictive. Partie non utilisée du capital ayant le rôle de "semence". Nécessité des associations réglant le processus économique par répartition juste des travailleurs. Le nombre de travailleurs d'un domaine particulier détermine le prix.

Sixième conférence - 29 juillet 1922 ..............................................102
Formule du "juste prix". Intérêts élevés: renchérissement de la réduction des biens, diminution de la valeur du sol. Travail de l'esprit : improductif, consommateur en regard du passé; productif en regard de l'avenir. Nécessité de " purs consommateurs". Payer prêter, donner, concepts nécessaires pour une économie saine. Liberté et semi-liberté de la vie culturelle. Vie culturelle et économique. Associations pour régulation des donations.

Septième conférence - 30 juillet 1922 ............................................120
Trois facteurs d'activité économique: donation, achat, prêt; trois facteurs stables: travail, sol, capital. Seul l'échange fait naître la valeur en économie. Salaire comme relation d'achat. Prix foncier conditionné par des rapports de forces. Relation de prix de la production foncière à l'industrielle. Rente foncière et le principe de l'autarcie en agriculture. Tendance de l'entrepreneur de dévaloriser le capital. Tensions sociales dues aux divergences de prix des produits agricoles et de ceux créés par le libre arbitre des hommes. Mouvements contraires dans le circuit économique: des moyens de production aux capitaux d'entreprises et des marchandises. Associations pour parer les difficultés au sein du processus économique.

Huitième conférence - 31 juillet 1922..............................................138
Rectification de quelques concepts économiques. Offre et demande, concepts fragiles. Trois équations. Argent, élément juridique sur le marché. Échange entre droit et marchandise; entre faculté et droit: impossibilité réelle d'aujourd'hui. Plus-value, concept moral, non économique. Jugements réels sur le processus économique possible par des associations. L'argent est absent du troc.

Neuvième conférence - 1er août 1922 ............................................157
Apparition de certaines valeurs. Prix du seigle. Prestations médicales. Triple productivité du capital : achat, prêt, don, ce dernier le plus productif. Capital commercial en Angleterre, capital d'emprunt en France, capital industriel en Allemagne. Situation de l'homme à cet égard. Système bancaire, circulation monétaire sans élément concret.

Dixième conférence - 2 août 1922 .................................................175
Le gain. Gain des deux parties dans l'échange. Passage d'une marchandise à l'état de monnaie. Aspiration et impulsion animant le processus de l'économie. Conditions de réciprocité d'antan remplacées par l'intérêt. Des représentations imagées pour saisir l'économie méthodiquement. Intelligence intrinsèque et sens social objectif dans des associations. Intérêt personnel. Désintéressement objectif au lieu de morale subjective. La vie économique entre la vie du droit et celle de l'esprit.

Onzième conférence - 3 août 1922 ...............................................195
Développement de la vie économique : de l'économie agricole privé à l'économie nationale, au commerce mondial, à l'économie mondiale. Obstacle étatique. Angleterre en tant que puissance économique dirigeante. L'activité pensante incapable de suivre le fait économique. L'économie mondiale. La durée des biens et celle de la monnaie. Rapport entre l'offrant et le consommateur de la nourriture. La nécessité des dons en économie fermée. Nécessité d'incorporer le capital à des institutions de caractère culturel, spirituel.

Douzième conférence - 4 août 1922 ..............................................215
Formation des prix : facteur subjectif, processus objectif. Monnaie, ses antécédents, elle permet l'échange; née de la marchandise, sans réalité, elle devient sa concurrente. En tant que monnaie de financement elle acquiert sa valeur grâce à l'esprit humain. Comme monnaie de donation, elle est utilisée pour l'éducation ou des fondations, empêchée ainsi de se capitaliser dans le domaine foncier. Passage de monnaie de prêt à celle de don. Métamorphose des valeurs en circulation. Vieillissement et mort de l'argent. Utilisation de la monnaie se dépréciant rapidement, comme monnaie de donation. Maîtrise de l'argent par des associations qui équilibrent l'emploi et la création des monnaies distribuées à l'achat, au prêt, au don.

Treizième conférence - 5 août 1922 ...............................................235
La valeur économique des productions de l'esprit. Collectionneur d'autographes. Point de départ de toute économie : travail du sol. Exemple d'économie villageoise avec des travailleurs de domaine spirituel. Appréciation du travail de l'esprit d'après le travail qu'il permet d'économiser. Lutte entre le travail corporel et la rationalisation. Dévalorisation du travail corporel face à celui de l'esprit. Rapport entre production du sol et production de l'esprit.

Quatorzième conférence - 6 août 1922 ..........................................252
Images vivantes au lieu de conceptions dogmatiques dans les rapports prix - monnaie. Monnaie comme comptabilité universelle. Valeur scripturale, valeur réelle. Argent, moyen d'échange. Perturbations résultant de méconnaissance du caractère de l'argent. Monnaie comme indicateur. Travail corporel dans la nature, formateur de valeur économique. Monnaie expression de l'ensemble des moyens de production existants. Monnaie basée sur la nature. Concept du moyen de production. Bases de prix : rapport de la population et de la surface cultivable du sol. Au lieu de vérité , droit, pratique de la vie, régissent aujourd'hui: phrase, convention et habitudes routinières.

IMPULSIONS DU PASSÉ ET D'AVENIR
DANS LA VIE SOCIALE

ARRIÈRE-PLANS SPIRITUELS
DU PROBLÈME SOCIAL

Première conférence - Dornach, 21 mars 1919 .................................9
Le besoin de spiritualité parmi les hommes. La pensée naturaliste tend à détruire l'organisme social. L'accumulation du capital est un foyer de révolution. La triple organisation sociale est l'objet d'une revendication inconsciente. Comment faire disparaître les différences entre les classes sociales. La gestion de la monnaie. L'étalon monétaire.

Deuxième conférence - 22 mars 1919.............................................38
L'organisme humain et l'organisme social. Les trois organisations. Le nationalisme, impulsion anti-sociale. Le déclin de la vie spirituelle exige sa libération des emprises de l'économie et de la politique. La prédominance de la vie économique. Technique et capital. Un règlement d'avenir des problèmes internationaux.

Troisième conférence - 23 mars 1919..............................................57
L'activité des anges, des archanges et des Archées dans la vie spirituelle, la vie juridique et la vie économique. Comment interpréter la réincarnation. Désir de purification de la culture rationaliste chez les âmes descendant s'incarner.

Quatrième conférence - 28 mars 1919.............................................74
Comment parler aux morts. Passage de l'abstrait au concret. Rapports de la vie intérieure de l'âme avec la question sociale. Comment représenter l'être spirituel humain. A l'écoute du génie de la langue. L'eurythmie est en rapport très étroit avec l'évolution de notre culture. Le retour à la concrétisation du langage par la représentation imagée, tel est notre devoir au cours de la 5 ème période post-atlantéenne. La trinité humaine.

Cinquième conférence - 29 mars 1919............................................98
Les fondements spirituels de la question sociale. Le rôle de l'inconscient et du conscient dans la vie communautaire des hommes. La nécessité d'une compréhension intérieure de la vie sociale doit être l'objet d'un enseignement à l'école. La culture spirituelle en images de la vie populaire doit remplacer la culture abstraite d'aujourd'hui. La vie inspirée et intuitive des 6ème et 7ème époques fait déjà l'objet d'impulsions mélangées à notre époque. Le génie créateur du langage, le sens créateur du langage et le sens créateur individuel sont déjà à l'œuvre. Le langage de la nature. Les trois éléments du langage.

Sixième conférence - 30 mars 1919...............................................123
La question sociale est une tâche historique mondiale de notre époque. Nous devons nous détacher de nous-mêmes à l'avenir Le développement de la personnalité est un obstacle croissant à la compréhension mutuelle entre les hommes. En se détournant de la vie spirituelle, les hommes tendent au naturalisme de l'art. Le sens animique de l'art. La compréhension sociale naît de l'intérêt que nous portons à ce qui se passe à l'extérieur de nous-mêmes.

Septième conférence - 5 avril 1919.................................................142
Les idées superficielles engendrent la confusion dans le monde. La vague de confusion est provoquée par Ahriman. Certaines personnes profitent de la confusion et comptent sur elle. Les rapports entre le cœur physique et le cœuréthérique se relâchent depuis l'année 1721. Celui dont la compréhension du monde spirituel reste naïve matérialise le cœur de l'humanité. Le rapport entre le cœuréthérique et le monde spirituel naît de la recherche de la connaissance spirituelle.

Huitième conférence - 6 avril 1919..................................................163
A l'Est, Bakounine et Gorki ont posé sérieusement la question. qu'est-ce que l'Homme, le surhomme de Nietzsche n'est qu'un leurre. Il est impossible de tirer une connaissance de l'homme de la culture du 19ème siècle. Les trois aspects de la vie humaine: les dons innés, les relations d'homme à homme, l'expérience. Le caractère individuel de l'homme s'exprime par son expérience acquise, celle-ci permet de le juger.

Neuvième conférence - 11 avril 1919...............................................188
L'humanité entière se prépare à franchir le seuil. La pensée, le sentiment et la volonté de l'humanité se feront plus distincts. Fritz Mauthner. La science naturaliste doit son développement à son absence de pensées. La vie idéelle n'est qu'un fantôme de la réalité. La volonté de pensée pousse les fantômes de l'âme dans notre inconscient. Le passage du seuil par l'humanité provoque une scission de la vie de l'âme. La triple organisation de l'âme individuelle est conditionnée par la triple organisation sociale.

Dixième conférence - 12 avril 1919.................................................210
La bourgeoisie de l'Europe Centrale a remplacé les hommes de l'époque de Niebelungen. L'époque de cette bourgeoisie prend fin actuellement. Les chefs des principautés territoriales de l'Europe Centrale et leurs vassaux ont vécu leur décadence au milieu de la bourgeoisie en conservant l'âme des Niebelungen. Frédéric le Grand et Gúthe Henri IV et Walther von der Vogelweide. La collaboration de la tendance ahrimanienne de l'industrie moderne, sous la forme de la technique et du capitalisme, avec la race dégénérée des Niebelungen a conduit l'Europe Centrale vers son déclin. Le passage du seuil correspond au franchissement de la porte de la mort.

Onzième conférence - 13 avril 1919............................................... 230
Depuis la fin du 18ème siècle, l'humanité porte la triple organisation de l'organisme social dans son subconscient. L'époque de la bourgeoisie de l'Europe Centrale était un reflet d'âme mais il lui manquait l'esprit. La méconnaissance des besoins de l'esprit dans la vie sociale de l'Europe Centrale, le manque d'autonomie de la vie spirituelle, ont provoquédes situations catastrophiques. La science naturaliste, privée de spiritualité depuis le 15ème siècle, doit donner lieu à une reconnaissance de l'esprit. Les âmes qui descendent s'incarner depuis le début du 15ème siècle ne sont plus attirées par une race humaine mais par des conditions géographiques déterminées. Le mode de penser asiatique projette une lueur claire vers le cosmos. La pensée occidentale donne naissance à des pulsations de vie dans le cosmos.

Douzième conférence - 14 avril 1919..............................................257
La recherche spirituelle scientifique éveille notre compréhension à l'égard de la question sociale. L'être humain est double. Notre être intérieur vit dans le système métabolique et la partie inférieure du système rythmique. Le système neuro-sensoriel est voué à une forte extériorisation. L'homme se libère lui-même en développant ses intérêts pour les affaires de l'humanité. La bourgeoisie s'est privée de tout sens social par manque de volonté à l'égard de la question sociale. L'idée de la triple organisation sociale ne peut pas être réalisée à l'intérieur d'une secte. Il ne s'agit pas de songer à des réformes abracadabrantes dans le domaine social, mais d'expliquer largement au monde ce qui s'oppose à l'organisation sociale. La Société anthroposophique doit rayonner puissamment en expliquant les nécessités sociales. Mission de la Suisse.

L'ÊTRE HUMAIN DANS L'ORDRE SOCIAL

INDIVIDU ET COMMUNAUTÉ

Note du Traducteur.........................................................................7

L'ÉVOLUTION DE LA VIE SOCIALE DANS L'HUMANITÉ :

Première conférence, Oxford, 26 août 1922......................................9
Ce que les pensées ont d'insuffisant vis-à-vis de la complexité de la vie sociale actuelle ; la nécessité, à l'époque présente, de discerner l'action du passé et les germes de l'avenir. L'évolution sociale de l'humanité : le courant des théocraties orientales ; leur régulation homogène par l'inspiration divine. Le courant de la vie étatique et son caractère juridique (Rome) ; apparition du commerce, des métiers, du travail ; la pensée dialectique et logique ; jurisprudence et théologie. Développement de la pensée scientifique moderne. Naissance et développement du marxisme ; son action sur la Russie. - Le troisième courant, occidental, celui de la vie économique portant l'empreinte de l'industrialisation et de la machine.

IMPULSIONS SOCIALES DU TEMPS PRÉSENT :

Deuxième conférence, Oxford, 28 août 1922....................................29
Genèse du livre Fondements de l'organisme social. Vie spirituelle, vie étatique et vie économique ; leur collaboration sous des formes différentes en Europe du Centre et en Europe occidentale. Accès au jugement social par la formation d'" associations "

THÉOCRATIE : " DIEU L'A VOULU " ; L'ÉTAT DES MÉTIERS :

" Les hommes doivent régler cela entre eux " ; l'ère de l'industrialisme libéré de tous les liens, l'homme s'appuie sur sa propre humanité. - Pensée abstraite des " hommes de la pratique " dans le champ social. Nécessité de donner à l'homme un nouveau contenu spirituel conquis par un esprit libre. Affranchissement de toutes les représentations liées au métier et au rang social dans le courant juridique. Une spiritualité vivante et exerçant une action homogène jette un pont par-dessus les abîmes entre les hommes. Le non-social dans le traditionalisme.- Les Fondements, livre de la volonté et du cœur.

L'ÊTRE HUMAIN DANS L'ORDRE SOCIAL : INDIVIDU ET COMMUNAUTÉ :

Troisième conférence, Oxford, 29 août 1922....................................51
Notre époque de transition : affranchissement de tous les liens, pour ne plus être qu'un homme libre. Nécessité d'une conception du monde fondée sur la liberté. Conscience morale et intuition morale individuelle. Éducationà la confiance en autrui ; amour humain, jugement universel. Il faut apprendre à penser " en cercle " et non pas selon la ligne droite d'un programme. Un malentendu : les Fondements ne sont pas une reprise de la répartition platonicienne en classes. Au lieu d'une répartition des humains en classes, articulation de l'organisme social grâce aux institutions qui permettent à l'action des hommes d'intervenir et de se poursuivre dans l'ensemble social. Les trois éléments de l'organisme social. Exemples d'une pensée vivante de leur développement : capitalisme ; travail ; nature de l'argent. Ramener le penser dans la vie. - Remerciements.

Notes...........................................................................................73

Bibliographie.................................................................................79

SYMPTÔMES DANS L' HISTOIRE

I. La montée de l'âme de conscience..............................................11
La véritable réalité est derrière les événements. Les plus importants sont les grands tournants de l'évolution où la vie de l'âme passe d'une certaine attitude à une autre - Le catholicisme, impulsion universaliste au Moyen-Age. Sa force de suggestion. Son expansion et confrontation avec le Saint Empire romain germanique - Symptômes des temps nouveaux : l'installation du pape en Avignon (1303), l'anéantissement de l'Ordre des Templiers, les migrations mongoles - Existence d'un complexe plus ou moins homogène qui donne naissance à la France et à l'Angleterre. Apparition du sentiment national générateur de communauté - Activité colonisatrice de l'Europe du Centre en direction de l'Est et des territoires slaves. Du XIIIè au XVè siècle, naissance des villes indépendantes. Préparation du parlementarisme en Angleterre, effet du travail de l'âme de conscience qui prend le caractère d'une impulsion nationale - A l'Est, naissance de l'ensemble russe à partir d'éléments anciens - Au début, l'âme de conscience naissante amène une improductivité de l'âme. La rébellion de la personnalité humaine contre le catholicisme universaliste n'apporte pas d'idées nouvelles - Nuances différentes de la personnalité en voie d'émancipation en France, où l'évolution, centrée sur l'élément personnel dans l'âme, aboutit à la Révolution de 1789, et en Angleterre, où elle aboutit au libéralisme et à l'expansion vers le monde extérieur - Une personnalité caractéristique de l'âme de conscience : Jacques Ier, roi d'Angleterre.

Il. Les symptômes à l'époque moderne...........................................33
En France, affermissement de l'idée d'État. Louis XIV - La triple impulsion de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité - Comment elle doit être comprise - La Révolution : une âme sans corps; Napoléon : un corps sans âme - L'être humain à la recherche d'un nouveau centre de gravité. Trois voies : liberté laissée à l'homme de suivre les impulsions de progrès, frein mis à l'aspiration vers l'âme de conscience par l'influence suggestive de Rome, anéantissement de cette aspiration par ce qui deviendra plus tard la franc-maçonnerie - Sous l'action de ce contre-courant en provenance des sociétés secrètes, l'impulsion de la personnalité s'émousse, l'âme et l'esprit n'agissent plus - Le socialisme, symptôme essentiel de l'époque moderne. Sa triple conviction : théorie de la lutte des classes, conception de la plus-value, matérialisme historique - Un autre symptôme essentiel : la création de problèmes insolubles.

III. Aspects caractéristiques de symptômes à l'époque moderne........54
Le machinisme. La colonisation engendrée par la technique. Son importance : elle contribue à effacer entre les humains, sous l'impulsion de l'âme de conscience, des distinctions reposant sur le passé - Différence entre l'observation et l'expérience. Les conquêtes de la technique introduisent dans la vie sociale un élément de mort. Par contre-coup, l'homme peut développer l'âme de conscience. Conscience et phénomène de mort sont intimement liés - Le parlementarisme aboutit à l'effacement de la personnalité dans l'acte de voter - Le mystère de la naissance et de la mort nous éclaire sur notre époque. L'âme de conscience remplacera par la connaissance du suprasensible les instincts autrefois implantés dans l'âme par les dieux - Nécessité pour l'homme de développer son Moi et le germe du Soi -Esprit - Connaissance de la périphérie et des liens avec le Cosmos.

IV. Importance historique de la pensée scientifique...........................70
Différence entre l'observation de la nature et la connaissance qu'en donne l'expérimentation - Le fait historique révèle une réalité à l'arrière-plan; son étude conduit vers le suprasensible - Le complément du travail de l'âme de conscience : une ouverture vers le monde spirituel - Les symptômes dans la Révolution russe : la bourgeoisie dépourvue d'idées en a fait un phénomène d'aspiration, non de pression - Le prolétariat, son intérêt pour l'histoire, sa conception du monde comme un grand mécanisme - Les idées libérales vers 1840; elles ne sont pas accueillies par la bourgeoisie - Nécessité actuelle d'un intérêt vif pour l'autre humain : voir ses fautes, rester positif - Naissance et mort pendant la quatrième époque post-atlantéenne, leur insertion dans la vie sociale aujourd'hui - Le rôle du mal.

V. L'élément suprasensible dans l'étude de l'histoire.........................87
Lien entre les mystères du mal et de la mort et le Mystère du Golgotha. Rôle secondaire et rôle essentiel du mal - Développement nécessaire de l'intérêt pour autrui. Rôle de l'art dans cette évolution - Comment à l'avenir les humains se percevront et se comprendront - Les forces qui se développeront ainsi n'atteindront leur épanouissement que dans les incarnations ultérieures de la Terre : Jupiter, Vénus, Vulcain.

VI. A propos de la réédition de " La Philosophie de la Liberté ".........101
Rudolf Steiner et ses premiers travaux sur Gúthe - Son séjour à Weimar - A Berlin : le " Magazin fùr Literatur ". Pharisaïsme de ses lecteurs - Une nouvelle tribune : l'Université populaire de Berlin. Le socialisme asservi à la science positiviste. Il ne laisse pas de place à la liberté - Les rapports avec la Société Théosophique. Nécessité d'une science de la liberté - La morale fondée sur l'activité intérieure de l'individu (individualisme éthique).

VII. A propos de la nouvelle édition de "Gúthe et sa
conception du monde ".................................................................121
Pourquoi donner le nom de " Goethéanum " à notre édifice - Nécessité d'y voir clair dans les choses - L'Allemand d'Autriche à l'époque où Rudolf Steiner était écolier, puis étudiant - Le goethéanisme est isolé. Traits caractéristiques de l'attitude de Gúthe : une base scientifique solide, une vision intuitive de la nature conduisant à l'art, l'âme de l'homme conçue comme le lieu où l'esprit peut se contempler lui-même - Universalité de Gúthe

VIII. Impulsions religieuses de la Vè époque post-atlantéenne..........141
Les trois évolutions. Leur croisement en l'homme - Le rajeunissement de l'humanité et l'âme de sensibilité - Développement de l'âme de conscience - Évolution des âmes des peuples - Peuple du Christ, peuple de l'Église, peuple des loges - Romanisme et mouvement jésuite - Les exercices spirituels d'Ignace de Loyola - Le contrepôle du mouvement jésuite est le goethéanisme.

IX. Lien profond entre les impulsions en Europe et celles
de l'époque présente....................................................................156
Interférences des trois courants d'évolution : celui de l'humanité dans son ensemble, celui de l'homme pris individuellement, celui des âmes des peuples - Action de l'impulsion du Christ aux trois niveaux - Gúthe et l'atmosphère du Graal : les trois galeries de tableaux dans le " Wilhelm Meister " - Arianisme et athanasisme - Les Celtes et leur principe d'un souverain, impulsion organisant la collectivité par une aristocratie - Le courant du roi Arthur et de la Table Ronde - Le courant du Graal - Le socialisme crée des remous, mais il est l'élément porteur d'avenir - Conditions d'un développement sain du socialisme : réaliser la fraternité dans l'organisme social, la liberté de la pensée religieuse, l'égalité dans le domaine de la connaissance.

Notes .........................................................................................183

L'HISTOIRE DE L'ART
REFLET D'IMPULSIONS SPIRITUELLES

Avant-propos de l'éditeur suisse ....................................................15

Note des traductrices ...................................................................19

Première conférence, Dornach, 8 octobre 1916................................21
La métamorphose de la conscience humaine dans l'art de la Renaissance italienne qui prend forme au passage de la quatrième à la cinquième époque post-atlantéenne : Cimabue, Giotto et autres maîtres italiens.

Jusqu'au deuxième millénaire du christianisme, il s'agit d'éveiller les forces imaginatives capables de rendre perceptible aux sens la réalité supraterrestre. Le personnage du Sauveur développé en Grèce. L'activité artistique fécondée par l'imagination orientale est transportée en Italie. L'art de Cimabue : conceptions d'un monde supraterrestre nées de la faculté du visionnaire. Avec Giotto, nouvelle conception artistique du monde; son lien intérieur avec François d'Assise, qui inaugure dans l'âme la faculté de sentir ce qui est matériel. Caractère foncier de la cinquième époque post-atlantéenne : la vie au sein de la réalité terrestre-matérielle. Giotto : le sentiment qui accompagne le devenir de la réalité naturelle sur la terre contient un élément platonicien. Ensuite, un élément théologique aristotélicien pénètre dans le sentiment, tendance à la systématisation, à l'allégorie; composition à trois niveaux : le Gouvernement de l'Église (école de Giotto), la Dispute de Raphaël. Le double courant : l'élément individualisant et réaliste s'émancipe de l'élément spirituel. Masaccio, Ghirlandajo le spirituel représenté de façon naturaliste; Fra Angelico, Botticelli : l'élément psychique représenté de façon naturaliste; allégorie . Camposanto,Traini composition : le Pérugin entre autres. Fusion de tous les éléments dans la conquête de l'humain par les grands maîtres de la Renaissance. Léonard de Vinci : la Cène. Raphaël : Sainte Cécile.

Deuxième conférence, Dornach, 1er novembre 1916 ....................... 51
Les trois grands maîtres de la Renaissance : Léonard de Vinci - Michel-Ange - Raphaël.

Les trois grands de la Renaissance sont, au point de vue artistique, un point de départ de l'époque moderne, et en même temps une vue d'ensemble de la précédente. A l'inverse des artistes modernes, leurs créations naissent de l'ensemble de la vie spirituelle de leur temps. Par sa sensibilité, Léonard vit encore dans le passé, mais, à l'inverse du sentiment de la nature chez François d'Assise, il aspire à comprendre cette nature, à utiliser ses forces, précédant ainsi de loin son époque. Michel-Ange participe pleinement à la vie politique de son temps; il transporte Florence à Rome, mais vit ensuite à Florence le bouleversement qui remplace le caractère sacramentel par le caractère commercial. Le Jugement dernier de la chapelle Sixtine vient protester là-contre. Venant d'Urbino, Raphaël, avec sa délicate vision de la nature et de l'homme, introduit dans l'évolution en cours un élément artistique chrétien. L'activité commune des papes et des princes avec les artistes exprime ce que l'histoire humaine recèle nécessairement de tragique, et qui doit se manifester par des déséquilibres.

Troisième conférence, Dornach, 8 novembre 1916............................85
Éléments fondamentaux d'une compréhension de l'impulsion artistique de l'Europe du Centre et du Nord. Opposition et liens entre l'art du Centre-Nord et l'art du Sud :Sculpture et peinture en Allemagne jusqu'à Dürer et Holbein - Raphaël.

En opposition avec l'impulsion imaginative du Sud, ancrée dans l'appréhension de la forme calme et dans la composition, l'impulsion imaginative du Nord recherche l'événement, expression de la volonté, signe de l'âme humaine. Les miniatures des livres de messe sont la transition naturelle entre le signe, le mot, et l'image. L'imagination active née de l'impulsion volontaire venant du Nord, des Normands, et une impulsion mystique venant du Sud, d'Espagne et de la France méridionale. En Europe du Centre, l'élément volontaire se rebelle contre le romanisme et le gothique au bénéfice de l'expression de l'âme individuelle. Contrastes dans les couleurs entre le Sud et l'Europe du Centre. L'élément magique du clair-obscur dont naît un lien entre l'homme et le caractère naturaliste, élémentaire. Dürer, personnalité unique dans le cours de cette évolution centre-européenne. La fusion de l'impulsion romane avec l'impulsion médiévale a son point de départ dans la sculpture de Naumburg, de Strasbourg, etc., et dans la peinture des maîtres de Cologne, de Stephan Lochner à Grünewald. Dürer, un artiste éminent du Moyen Age. Les compositions nées de la lumière et des ténèbres. Holbein est par contre un réaliste de ce qui est extérieur.

Quatrième conférence, Dornach, 15 novembre 1916........................109
Grandeur et autonomie de la création artistique dans le Nord en regard de l'art italien de la Renaissance : La sculpture en Allemagne et aux Pays-Bas - Michel-Ange.

L'art nordique centre-européen de l'élément mobile de l'âme. Le jugement artistique actuel souligne le caractère narratif, la compréhension du caractère spécifiquement artistique fait défaut. L'art s'isole de l'ensemble de la vie culturelle pour vivre sa vie propre. Dans l'art de l'Europe du Centre s'exprime la pénétration du christianisme dans les éléments affectifs de la vie de l'âme. L'art de la Renaissance méridionale aspire à développer la beauté des personnages chrétiens; les artistes du Centre de l'Europe s'adaptent affectivement à la compréhension de l'histoire de la Passion et de ses éléments dramatiques, tragiques. Une plongée lente et silencieuse dans les profondeurs de la vie de l'âme et de ses formes artistiques s'effectue du XIIIè au XVIè siècle et atteint son apogée dans les Passions de Dürer. Le type du Christ élaboré par Dürer est aussi profondément humain qu'est surhumain le type du Christ byzantin. Raphaël élève au-dessus du niveau humain ce qu'il peint. Van Eyck plonge l'humain dans les profondeurs de la nature humaine. Les groupes de la Crucifixion montrent comment, dès le début du XIIIè siècle, l'histoire de la Passion a pleinement fusionné avec la vie de l'âme en Europe du Centre. Tandis que dans l'art du Sud le vêtement s'adapte au corps humain, il apparaît plutôt dans l'art centre-européen comme le prolongement de la vie intérieure. L'approfondissement de la vie de l'âme s'exprime dans les rapports entre les personnages : Marie, Jean et d'autres personnages sacrés et temporels. Interférences entre les éléments temporels et les éléments religieux : L'Église et la Synagogue, le Cavalier de Bamberg. La caractéristique individuelle des statues de Claus Sluter à Dijon au début du XIVè siècle. Comparaison du Moïse de Sluter avec celui de Michel-Ange créé un siècle plus tard. En Allemagne, cheminement de l'évolution jusqu'à Riemenschneider et Stoss. Le peintre Hans Baldung Grien présent à Rome au moment de l'activité de Raphaël et de Michel-Ange. Un exemple isolé du tournant pris par la civilisation entre l'époque de l'âme de raison et de cœur et celle de l'âme de conscience.

Cinquième conférence, Dornach, 28 novembre 1916........................127
Un phénomène unique dans l'histoire de l'humanité : Rembrandt.
Tentative insuffisante de celui que l'on appelait l' " Allemand de Rembrandt " pour attirer l'attention sur l'importance d'une nouvelle compréhension de Rembrandt pour l'histoire spirituelle du XIXè siècle. Rembrandt ne peut être compris que par l'étude approfondie de ses origines, ancrées dans la nature des peuples de l'Europe du Centre: la mise en valeur de l'individualité humaine et de la liberté de l'homme se développe en restant dans une ample mesure indépendante de l'arrière-plan historique, et par une production personnelle unique en son genre. Rembrandt est totalement l'artiste de la cinquième époque post-atlantéenne, qui regarde entièrement l'objet de l'extérieur, mais en l'accompagnant de sa plénitude intérieure. Ce qui vit et agit dans l'espace prend forme plastique dans le clair-obscur, dans la lumière et les ténèbres, et c'est là qu'en quelque sorte la couleur prend naissance. L'originalité de Rembrand réside dans la grandeur spirituelle de ses figures. La mort de sa femme Saskia marque d'une profonde césure la vie de Rembrandt, mais lui apporte aussi le véritable approfondissement de l'âme et la grandeur artistique. On suit la marche progressive de son travail créateur de cinq ans en cinq ans. Deux composantes essentielles : les formes créées inspirées par la lecture directe de la Bible, et non par la légende; les autoportraits, qui recherchent l'harmonie entre ce qui vit en l'être et ce qu'on peut observer de l'extérieur. - L'art des gravures de Rembrandt est aussi important que sa peinture.

Sixième conférence, Dornach, 13 décembre 1916...........................149
L'action de l'âme de conscience et son émergence dans l'art de la cinquième époque post-atlantéenne : Peinture hollandaise du XVè siècle notamment.

On peut suivre dans chaque détail l'action de l'âme de conscience dans la peinture hollandaise. Ce qui est caractéristique, c'est la représentation orientée selon le point visuel du spectateur. Le traitement de l'espace par niveaux successifs est élevé par Brunellesco en particulier jusqu'à l'art rigoureux de la perspective. Dans le Sud, l'élément compositionnel atteint une haute perfection dans l'ordonnancement en perspective des groupes. Le Nord tend à faire apparaître à la surface des corps l'élément psychique individuel par une coloration baignée de lumière. La peinture à l'huile des frères van Eyck, point de départ du principe artistique naturaliste de l'Europe du Centre. C'est l'époque de la formation des villes individuelles. La nature bourgeoise nordique-flamande gagne l'aristocratisme du Sud. L'exemple du Retable de Gand : l'élément individuel apparaît sous une forme grandiose à travers les représentations chrétiennes traditionnelles. Des influences venues de France apparaissent nettement chez des contemporains et leurs successeurs, mais l'exemple des van Eyck reste évident. De nouveaux éléments dus à l'influence compositionnelle du Sud apparaissent au cours du XVIè siècle dans cette direction.

Septième conférence, 2 janvier 1917..............................................171
Motifs de Noël à travers plusieurs siècles : La Nativité - L'Adoration des bergers - L'Adoration des rois - La Fuite en Égypte. Mosaïques - Miniatures - Maîtres italiens, hollandais et allemands.

L'évolution progresse de la représentation des premiers siècles chrétiens, de la traduction d'lmaginations Spirituelles, jusqu'à la conception naturaliste, devenant toujours plus humaine, des personnages sacrés de la Renaissance. La " Nativité " et l'" Adoration des bergers " son en rapport avec le courant de l'Évangile de saint Luc, que la sensibilité comprend grâce à l'influence encore perceptible des Mystères nordiques. L' "Adoration des rois " et la " Fuite en Égypte" appartiennent au courant de l'Évangile de saint Matthieu. La mission des Mages exige une faculté de compréhension gnostique que pourra seule développer à nouveau la science de l'esprit. Ce qui caractérise les deux groupes, c'est que les tableaux anciens montrent les événements en rapport avec le monde spirituel, loin de tout naturalisme, et relevant d'une sphère supérieure, puis se rapprochent progressivement de l'élément naturaliste dans une imprégnation plus intime de l'âme. Dans le Sud, c'est le type qui reste fortement marqué, dans le Nord, c'est le caractère individuel.

Huitième conférence, Dornach, 17 janvier 1917...............................185
Particularités que font apparaître les idées sur les artistes du Sud et du Nord de l'Europe : Raphaël - Dürer et autres maîtres allemands.

Derrière Raphaël s'ouvrent les grandes perspectives de la conception du monde de la quatrième époque post-atlantéenne finissante. Quelque chose des lois cosmiques est à l'œuvre dans son activité créatrice, que jalonnent des cycles de quatre ans. Jusqu'à nos jours, les concepts artistiques ont pris forme pendant la Renaissance italienne, dont l'expression la plus haute est Raphaël. Son œuvre achève et en même temps élève à un degré supérieur une puissante tradition artistique. Devant Raphaël, on peut dire : " La vérité artistique rend vraie toute chose. " Chez les maître allemands de la même époque, aucune tradition ne parle, mais bien la tentative d'exprimer directement ce qui habite les âmes. Chez Dürer, il y a à l'arrière-plan la vie centre-européenne, la liberté des villes qui vient à la rencontre de la Réforme. Ses tableaux font apparaître ce qui jaillit de l'âme humaine avec une force élémentaire. Exemples de l'Apocalypse et de la ferveur particulière des Passions. Le phénomène de la mort, expression du développement de l'âme de conscience, liée au physique, préoccupe les âmes: Danses macabres. Moser et Multscher sont des exemples caractéristiques de la difficulté à mettre en accord les lois de la perspective, provenant de la tradition artistique du Sud, avec leur propre vécu intérieur et leur sentiment. Chez les peintres souabes, germes d'une perspective engendrée par le clair-obscur. Les talents originels de la nature allemande, qui apparaissent dans une assimilation plus intime du christianisme, trouvent leur expression dans les tableaux nés de la sensibilité.

Neuvième conférence, Dornach, 24 janvier 1917..............................211
L'art de la quatrième époque post-atlantéenne revécu dans celui de la cinquième : La sculpture en Grèce, à Rome et durant la Renaissance.

Le " créer comme la nature ", que Gúthe supposait chez les artistes grecs de la quatrième époque post-atlantéenne, se transforme chez lui, représentant de la cinquième époque, en une recherche des lois régissant le devenir du monde qui l'amène à découvrir la plante primordiale, la théorie de la métamorphose. L'effort de Gúthe pour appréhender de façon vivante le spirituel dans la nature lui faisait déjà pressentir dans les reproductions imparfaites de la sculpture grecque qu'elles représentaient l'activité invisible du corps de vie de l'homme, ce que l'artiste ressentait en lui-même, et non les formes extérieures. Travailler d'après un modèle n'est devenu possible qu'à la cinquième époque. La sculpture grecque évolue, elle part d'une pleine appréhension du corps vivant telle que la forme humaine est élevée merveilleusement au niveau du divin, pour passer à l'aspiration à rendre plus fidèlement les formes de la nature. Ce cheminement part du calme paisible des œuvres anciennes pour arriver au dynamisme mouvant des plus tardives. Au IVè siècle après J.-C., les dieux apparaissent alors ayant glissé vers l'être humain. Une création tardive comme le Groupe du Laocoon, datant du Ier siècle avant J.-C., témoigne encore d'une conscience de l'éthérique : au moment de la mort, le corps physique et le corps éthérique se disjoignent. L'époque romaine apporte d'abord la décadence, mais aux XIIè et XIIIè siècles on redécouvre les œuvres d'art grecques. Chez les artistes de la pré-Renaissance, les stimulations apportées par I'Antiquité fusionnent avec la manière de voir naturaliste de 1a cinquième époque. Les motifs chrétiens parviennent ainsi à la perfection dans la forme. Ainsi se prépare l'apogée du grand art de la Renaissance.

Dixième conférence, Dornach, 5 octobre 1917................................235
La représentation dans l'art de la nature Imaginative et spirituelle de la quatrième époque post-atlantéenne à la naissance de la cinquième, matérialiste : Raphaël : La Dispute, l'École d'Athènes.

La Dispute de Raphaël : A son époque, le contenu affectif du tableau était une vérité profonde; il ne le serait plus aujourd'hui. Raphaël le peignit à l'âge d'environ vingt-huit ans sous l'influence de deux vieillards : le pape Jules Il et Bramante. Dans ses tableaux, la vision imaginative qui s'était progressivement formée depuis le IXè siècle dans l'humanité chrétienne trouve un achèvement. La redécouverte de l'Amérique, l'invention de l'imprimerie, la conception copernicienne créèrent une image du monde totalement modifiée qui n'avait plus accès directement au contenu de l'art de Raphaël. Une nécessité historique : l'humanité européenne dut refouler les représentations spirituelles pour déployer sa culture ; séparation entre l'Église grecque orientale et l'Église catholique romaine. Les impulsions spirituelles sont refoulées vers l'Est. L'Ouest veut donner au royaume du Christ la constitution d'un empire. Le pape Jules II donne encore à ce royaume le sens de ce qui est réalité dans le monde spirituel. Raphaël, homme de la cinquième époque post-atlantéenne, peint en quelque sorte la protestation de la quatrième époque contre le désert de la primauté des sens qu'inaugure son antithèse, Luther. Le testament du Sud qu'apportent les Imaginations de Raphaël, avec sa richesse de formes et de couleurs, est remplacé par les œuvres musicales sans formes visibles du Nord - l'élément du Sud est refoulé. Formant un contraste avec la perspective illimitée de la Dispute, les personnages de ce qu'on appelle L'École d'Athènes sont rassemblés dans un espace clos: au divin est opposé ce qui peut vivre dans l'âme humaine. Le contraste dans les personnages au centre entre celui qui voit et celui qui parle. Le personnage de saint Paul est un problème pour Raphaël : il vient de la vision pour aller vers la parole.

Onzième conférence, Dornach, 15 octobre 1917.............................259
La lutte entre la figuration artistique individualisée du Centre et la représentation traditionnelle de I'Est (icônes) à la césure importante entre la quatrième époque post-atlantéenne et l'aurore de la cinquième : Icônes - Miniatures - Maîtres allemands.

La transformation du début du XVè siècle s'est préparée longtemps à l'avance. Une impulsion importante est intervenue dans le devenir historique de L'Occident pendant le règne de Charlemagne, aux environs de l'an 800 après J.-C. La papauté prit en mains la direction de l'Europe, l'Empire centre-européen collaborait avec l'Église romaine. Contraste entre l'art refoulé vers l'Est et celui du Centre de l'Europe et du Sud : icônes et Madones de Raphaël. Il fallait qu'un espace soit créé pour recevoir ce qui voulait monter des âmes des peuples elles mêmes. Ceci s'exprima dans les contrées du Nord dans les œuvres poétiques : la Chanson des Nibelungen, l'Heliand, celles de Walther von der Vogelweide. L'art exige une expression imagée des événements, mais se sent lié aux règles que la tradition a apportées du Sud dans l'Europe du Centre. Le conflit qui oppose ces deux impulsions apparaît particulièrement distinct dans les miniatures, dans les lettrines, des textes sacrés. De la civilisation citadine émane la force de représenter l'individuel. Dans la peinture de Cologne, l'art plastique traditionnel fusionne avec le besoin de représenter les faits. Les deux impulsions apparaissent plus vigoureusement contrastantes en Allemagne du Sud (retables de Tiefenbronn et de Sterzing). On peut observer à ce moment deux vagues issues des événements dans l'évolution de l'art médiéval: l'une apporte encore du Sud un élément oriental, l'autre monte des profondeurs de l'âme populaire elle-même.

Douzième conférence, Dornach, 22 octobre 1917 ...........................281
Comment les échos de trois impulsions essentielles des troisième et quatrième époques post-atlantéennes se conjuguent pour donner l'art de l'orfèvrerie et se prolongent dans la cinquième : Sculpture paléochrétienne, sarcophages et reliefs. Berward von Hildeshelm.

A notre époque riche en combats agissent jusque dans la cinquième époque post-atlantéenne des échos de la troisième et de la quatrième. Caractéristique de la quatrième : représenter le sensible imprégné d'esprit : la belle forme humaine s'étendant dans l'espace, cheminant avec le temps en beaux mouvements. A la représentation artistique de la croissance vivante, le christianisme oppose la mort. Pour y parvenir, il recourt aux impulsions intériorisées de la troisième époque post-atlantéenne : le graphisme. La belle statuette du Bon Pasteur ressentie comme une œuvre grecque s'oppose à la représentation encore malhabile de la mort par trois croix devant lesquelles se dressent trois formes humaines; la forme grecque libre est contrainte de s'insérer dans une composition. Dans la sculpture des sarcophages du début du christianisme, la composition conçue comme graphisme revêt de plus en plus un caractère symbolique. Le monogramme du Christ accompagné de motifs végétaux et animaux. Durant la civilisation égyptienne, le prêtre recevait les paroles par une révélation d'en haut, et de même le prêtre nordique qui jetait les runes. Dans les reliefs des sarcophages, les ivoires sculptés, etc., la représentation naturaliste va de pair avec les graphismes, les signes. La magie du signe. Le suprasensible s'insinue dans le sensible, et l'Église se l'approprie. La magie de ce qui est sous la terre - l'or et les pierres précieuses sont des signes. Le travail artistique de l'or et des pierres précieuses dans la culture citadine naissante. Le mystère de l'or dans la légende des Nibelungen. Une compréhension nouvelle du mystère de l'or imprégné de l'impulsion du Christ est nécessaire à notre époque ; c'est ce qu'enseigne aussi l'évolution de l'art comprise dans un sens spirituel.

Treizième conférence, Dornach, 29 octobre 1917............................303
Métamorphoses de la conception du Christ dans la représentation artistique : Fresques et mosaïques paléochrétiennes. Maîtres italiens. Dürer.

On commence à donner une représentation artistique du Christ aux IIè et IIIè siècles, après que les Évangiles furent achevés. Le monogramme du Christ s'entoure de formes empruntées au passé de l'évolution artistique. Transposition d'éléments païens en scènes des Évangiles, des figurations chrétiennes sont rattachée à des mythes païens, par exemple le Bon Pasteur. Ce qui est spécifiquement païen :le corps humain totalement imprégné par l'âme universelle. C'est dans l'art grec que l'on trouve la dernière empreinte des formes d'art cosmiques-universelles. L'individuel humain dans les satyres. Dans l'élaboration du type de Christ occidental prédomine longtemps le cosmique universel, auquel se mêle l'individuel humain. La tendance romaine à rendre le cosmique abstrait met obstacle à la formation de l'individuel humain jusqu'à Cimabue. Chez Giotto, le psychisme humain transparaît à travers le cosmique spirituel. Chez Fra Angelico, un élément catholique occidental se répand sur l'art. Plus tard, une influence nouvelle de l'hellénisme se manifeste dans la Renaissance naissante. Par contre, dans le Nord, Dürer ne témoigne d'aucun influx cosmique. L'être humain dans le Christ. Une nouvelle tentative est créée dans les sculptures en bois destinées au Gútheanum.

APPENDICE

Remarques rédactionnelles...........................................................327

Index alphabétique des noms d'artistes et index des matières..........329

Listes des reproductions et notes par conférence............................333

AUTOBIOGRAPHIE

VOLUME 1

Présentation..................................................................................9

Chapitre 1.....................................................................................11
1861-1872, Kraljevec, Mödling, Pottschach, Neudörfl

Chapitre II.....................................................................................39
1872-1879, Wiener-Neustadt

Chapitre III....................................................................................61
1879-1882, Vienne, Inzersdorf

Chapitre IV...................................................................................83

1882-1884, Vienne

Chapitre V...................................................................................101
1882-1884, Vienne

Chapitre VI..................................................................................114

Vienne et Attersee

Chapitre VII.................................................................................127
1886-1889, Vienne

Chapitre VIII.................................................................................146
1886-1889, Vienne

Chapitre IX...................................................................................157
1889-1890, Weimar, Berlin, Münich, Vienne

Chapitre X...................................................................................168
Environ 1890

Chapitre XI...................................................................................174
Environ 1890

Chapitre XII..................................................................................179
Environ 1890

Chapitre XIII.................................................................................189
1890, Vienne

Chapitre XIV................................................................................203
1890, Rostock, Weimar

Chapitre XV.................................................................................225
1890-1894, Weimar

Chapitre XVI................................................................................240
1890-1894, Weimar

VOLUME II

Chapitre XVII..................................................................................9
1892-1894

Chapitre XVIII................................................................................23
1894-1896, Weimar

Chapitre XIX..................................................................................37
1894-1896, Weimar

Chapitre XX...................................................................................54
1894-1896, Weimar

Chapitre XXI..................................................................................72
1894-1897, Weimar

Chapitre XXII.................................................................................88
1897, Weimar

Chapitre XXIII................................................................................102
Weimar, Berlin

Chapitre XXIV...............................................................................109
1897-1899, Berlin

Chapitre XXV...............................................................................120
Berlin

Chapitre XXVI...............................................................................128
Berlin

Chapitre XXVII..............................................................................132
Berlin

Chapitre XXVIII.............................................................................143
Berlin

Chapitre XXIX...............................................................................149
Berlin

Chapitre XXX................................................................................158
1899-1902, Berlin

Chapitre XXXI...............................................................................176
1900-1913, Berlin

Chapitre XXXII..............................................................................184
Berlin

Chapitre XXXIII............................................................................ 202

Chapitre XXXIV............................................................................206

Chapitre XXXV.............................................................................209

Chapitre XXXVI............................................................................214

Chapitre XXXVII...........................................................................220

Chapitre XXXVIII..........................................................................230

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